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L’UNESCO et la troisième guerre de Gog et Magog

I. Introduction

Nous devons une fière chandelle et de profonds remerciements à l’UNESCO qui a rétabli la centralité d’Israël au cœur de l’actualité. Ne serait-ce que par le fait que l’un des mensonges les plus flagrants de l’humanité, personne ne s’y trompe, lors de sa récente déclaration niant tout rapport entre la chrétienté et Jérusalem et, accessoirement, entre le judaïsme et Erets Israël. Ce qui est important est à la fois l’énormité du mensonge, et le fait qu’il concerne précisément Jérusalem, lieu central de la géographie spirituelle du monde.  Si l’humanité civilisée, avec ses institutions, considère que le moment est venu de mentir au sujet du centre du monde, c’est que quelque chose est en train de s’y produire, et nous avons le privilège de vivre ces événements d’envergure.

Le nom que porte cet événement dans la tradition juive est ni plus ni moins la guerre de Gog et Magog. En aboutissement de l’histoire, nous annoncent les prophètes, il est question d’une conflagration universelle ayant pour objet Jérusalem dans laquelle sont impliquées la majorité des nations ainsi que le peuple d’Israël revenu sur sa terre.

De nombreuses images d’Epinal entourent ce sujet du messianisme et de la guerre de Gog et Magog, nécessitant quelques éclaircissements. En premier lieu, cette guerre de Gog et Magog répond à une certaine logique, en rapport à ce qu’Israël est pour l’humanité et ce que l’humanité est pour Israël. C’est donc dans l’ordre des choses.

Sortie d’Egypte et Etat d’Israël

Manitou rappelait souvent un texte talmudique tiré du traité de Berakhot (13a) dans lequel il est dit que lors du retour d’Israël, la sortie d’Egypte sera oubliée. C’est-à-dire que toute la période historique qui a débuté il y a plus de trois mille ans avec la sortie d’Egypte et a connu nombre d’événements majeurs, notamment l’émergence du christianisme et de l’islam, touche à sa fin. Cette période est remplacée par un nouveau souvenir qui éclipse celui de la sortie d’Egypte: le retour d’Israël.

Le Talmud, dans cet extrait, se base sur un verset du prophète Jérémie (ch. 23) : « Voici que des jours viennent, Parole de l’Eternel, où on ne jurera plus au nom du Dieu qui a fait sortir Israël, mais on jurera au nom du Dieu qui a amené toute la maison d’Israël de tous les pays où je les avais dispersé ». Le texte est sans équivoque: la fondation de l’Etat d’Israël est un événement plus important que la sortie d’Egypte.

La suite de ce texte est malheureusement moins étudiée. Il s’agit de l’interprétation d’un verset d’Isaïe où le prophète va encore plus loin. Car si le prophète Jérémie parle de deux événements, Isaïe en énonce un troisième : « Ne vous rappelez pas des événements premiers, ni des événements de l’Antiquité, parce que Je vais faire quelque chose de nouveau qui maintenant va croître ».

Religion, Nation, Universel

Le Talmud interprète ces trois événements. Les « premiers événements » nous dit le Talmud sont la fondation d’Israël (ou la fin de l’asservissement aux nations), alors que les événements de l’antiquité qui sont caducs, il s’agit de la sortie d’Egypte. Tout cela parce qu’il y a un troisième événement qui est plus important que la sortie d’Egypte et la fondation de l’Etat d’Israël réunis: la guerre de Gog et Magog.

La guerre de Gog et Magog est donc nécessairement un événement sans pareil. Il ne peut être question d’un simple conflit armé duquel le peuple d’Israël serait sauvé, car un tel événement ne saurait effacer les précédents. Cet événement doit nécessairement générer une transformation dans notre identité.

De manière un peu simpliste l’on pourrait décrire le processus ainsi : depuis la sortie d’Egypte, le peuple d’Israël est une religion. Depuis la fondation d’Israël il est une nation. Depuis la guerre de Gog et Magog il dévoile son message universel.

C’est en effet le résultat de la guerre de Gog et Magog tel que décrit par les prophètes, comme Ezéchiel : « Je serai grandi et sanctifié aux yeux de nombreuses nations qui sauront que Je suis l’Eternel ». Cette conflagration universelle a donc, logiquement, une finalité universelle, et c’est le déclanchement de cette dynamique que nous vivons depuis plusieurs années.

La seconde partie portera sur un commentaire de nos sages de l’antiquité d’un verset du livre de Psaumes décrivant les trois guerres de Gog et Magog…

II. Les trois guerres de Gog et Magog

Notre étude s’appuie sur un texte du Midrach Cho’her Tov, qui commente le livre des Psaumes. Ce texte a été interprété à maintes reprises par le passé, mais plus récemment par le rav Mena’hem Mendel Kasher, auteur de l’œuvre monumentale ‘Torah Chelema’ qui vivait à Jérusalem au 20e siècle.

Sur la base de ce texte, le rav Kasher a rédigé un fascicule nommé ‘La guerre de Kippour’ où il déclara que cette guerre était la 3e guerre de Gog et Magog. Le rav Kasher s’est trompé, et nous allons tacher de comprendre pourquoi.

Nos sages, constatant des divergences dans la description de la guerre de Gog et Magog par nos différents prophètes (Zacharie 14, Ezéchiel 38, Psaumes 2), ont considéré qu’il devait donc y avoir plusieurs guerres. Une allusion à ces guerres, au nombre de trois, est trouvée dans trois versets consécutifs du Psaume 118 (v. 10-12) :

  • Toutes les nations m’ont entouré, au nom de Dieu je les démolirai
  • Elles m’entourèrent à nouveau, au nom de Dieu je les démolirai
  • Elles m’entourèrent comme des abeilles et s’éteignirent comme un feu d’épines, au nom de Dieu je les démolirai.

Voici le texte :

Toutes les nations m’ont entouré – trois fois. Un jour viendra où Gog et Magog s’élèveront contre Jérusalem, de la manière dont Sanecheriv s’était élevé contre Israël, et comme Nabuchodonosor s’était élevé contre Jérusalem. Trois fois.

Nous voyons là une constante. Le conflit contre les nations se fait en trois phases. Le commentaire du Midrache n’est pas une prophétie, il y a une logique derrière cela.

Division de Jérusalem

La 1e fois il est dit: « Toutes les nations m’ont entouré », parce qu’à l’avenir Il réunira le monde entier et les amènera à Jérusalem. Ainsi qu’il est dit: « De nombreuses nations s’assembleront autour de lui » etc. Mais ils sont anéantis, c’est pourquoi il est dit: « au nom de Dieu je les démolirai ».

Le verset « De nombreuses nations s’assembleront autour de lui » est extrait du livre de Zacharie (ch. 12 v. 3). Le Midrache comprend donc que la description de la guerre de Gog et Magog donnée par le prophète Zacharie est la 1e guerre de Gog et Magog. Au chapitre 14, le prophète nous explique comment cette guerre va être menée. « Voici qu’un jour viendra où ton butin sera distribué en ton sein. J’assemblerai toutes les nations à Jérusalem pour l’attaquer, et la ville sera prise […]  La moitié de la ville sera exilée, alors que le reste du peuple n’en sera pas expulsé » (v. 1-2). Le prophète annonce donc que la 1e guerre qu’Israël aura à mener lors de son retour aura pour résultat la division de Jérusalem.

Yaakov et Israël

Nous qui avons vécu cet événement savons que c’est bel et bien ainsi qu’il s’est déroulé, lorsqu’en 1948 Jérusalem a été divisée. Mais comment le prophète pouvait-il savoir cela? Ce n’est pas juste parce que c’est sa profession, mais bien parce que cet événement suit une certaine logique. Connaissant l’histoire récente, nous pourrions soutenir qu’étant donné que Jérusalem est la caisse de résonnance du monde et plus particulièrement du peuple juif, si le peuple juif est divisé – comme c’était le cas en 1948 où le peuple se subdivisait en trois groupes qui chacun essaya de s’emparer de Jérusalem par un autre axe : Le’hi, Etzel et Hagana – Jérusalem fut divisée.

Mais ça n’explique encore pas comment le prophète pouvait savoir que le peuple juif serait divisé. Or à nouveau la raison est simple: le retour d’Israël a suivi un long exil où le peuple fut dispersé. Cette dispersion créa nécessairement des différences et engendra naturellement la division. Quelle est la source de cette division ? La divergence entre les religieux et les laïques. Deux formes qui se déclarent chacune héritière légitime de l’identité juive. L’une vient au nom de la religion, l’autre au nom de la nation, et toutes deux s’affrontent.

Ces deux identités ont un nom chez les prophètes : Yaakov et Israël…

III. De Jacob à Israël

Deuxième guerre – Unité

La deuxième fois il est dit : « Elles m’entourèrent à nouveau ». Il va remuer les nations et les amener à Jérusalem, ainsi qu’il est dit (Psaumes ch.2) : « Pourquoi se démènent les peuples ? ». Mais ils sont anéantis, c’est pourquoi il est dit une deuxième fois: « au nom de Dieu je les démolirai ».

Quelle est la particularité de la 2e guerre de Gog et Magog ? Le 2e chapitre du livre de Psaumes a pour sujet la conquête de l’ensemble du pays d’Israël, dont le résultat est la réunification de Jérusalem. En effet, nous savons aujourd’hui que depuis le retour d’Israël en 1948, une deuxième guerre a eu pour résultat la réunification de la ville. C’est annoncé noir sur blanc dans le Midrache.

Comment la réunification a-t-elle été rendue possible ? Trois semaines avant la guerre des Six Jours a été instauré le premier gouvernement d’union nationale en Israël. Les juifs ont réussi à s’asseoir ensemble, ce qui a permis de facto la conquête de Jérusalem.

C’est là une réconciliation profonde entre Yaakov et Israël. Alors que la guerre de 1948 était la victoire du sionisme laïque contre la définition classique religieuse du judaïsme, d’Israël contre Yaakov, la guerre des Six Jours a vu la réalisation d’un événement tous bonnement révolutionnaire :

Un événement biblique s’est réalisé en pleine modernité par un Tsahal laïque.

Ce fait a posé passablement de problèmes, aussi bien aux religieux qu’aux laïques. Les religieux n’étaient pas prêts à ce que des soldats non-religieux remplissent une mission divine, alors que les non-religieux n’étaient pas prêts à réaliser des actes prophétiques.

Depuis, la société israélienne se cherche, par mouvements centrifuges et centripètes. Le mouvement centripète est la synthèse qui s’est réalisée entre Yaakov et Israël, ce que l’on appelle les mitna’halim (colons), à savoir les sionistes religieux qui décidèrent de prendre la relève du sionisme laïque.

D’autre part, deux mouvements centrifuges d’opposition se créèrent, par l’intermédiaire des religieux qui ne voulurent renoncer à leur orthodoxie, et des laïques qui ne voulurent renoncer à leur cosmopolitisme, ce qui forma le gauchisme.

Toujours étant que depuis la 2e guerre de Gog et Magog s’établit une réconciliation entre Yaakov et Israël.

L’erreur du rav Kasher

Rappelons ici l’erreur qu’a faite le rav Kasher dans son livret sur la guerre de Kippour. Lorsqu’il a vu qu’une guerre s’était déclarée, menaçant de détruire Israël, il se dit que c’était la troisième guerre de Gog et Magog. Il était quelque peu emprunté, car cette guerre, aussi grande fut-elle, n’atteint pas Jérusalem. Elle n’entrait donc pas dans la définition des guerres de Gog et Magog. Il remarqua néanmoins que l’objectif de cette guerre étant Jérusalem, cette hypothèse ne pouvait être totalement rejetée. Il ne pouvait s’imaginer à l’époque que la souveraineté d’Israël sur Jérusalem serait un jour remise en question. Nous comprenons dès lors que les récents événements nous font entrer dans cette troisième phase.

IV. Yéchouroun, Jérusalem

Guerre diplomatique

Voici le texte du Midrache :

La troisième fois, il est dit : « Elles m’entourèrent comme des paroles ».

Le Midrache ne comprend pas le mot ‘devorim’ – des abeilles – selon son sens classique, mais l’interprète comme provenant du mot ‘dibourim’ – des paroles. C’est une guerre qui se déroule par des paroles, par voie diplomatique.

Dans l’avenir Il va poser des écriteaux parmi tous les pays pour amener des déclarations.

C’est une guerre qui se déroule par déclarations de l’ensemble des nations.

Yéchouroun et l’universalité d’Israël

Ainsi qu’il est dit : « Appelez cela parmi les nations, sanctifiez la guerre » (Joël 4, 9), etc. Mais ils seront anéantis, c’est pourquoi il est dit: « au nom de Dieu je les démolirai » une troisième fois.

D’après le Midrache, la nature de la troisième guerre n’est pas militaire, bien qu’elle puisse contenir des éléments militaires. Car dès ce moment, la lutte contre Israël devient une lutte d’ordre moral. Elle se fait au nom de valeurs. C’est au nom de certaines valeurs qu’Israël est remise en question, et que son emprise sur Jérusalem est délégitimée. Le monde le ressent, centré tel qu’il est sur le globalisme. Le rôle des nations est nié pour mettre en avant l’humain en tant qu’humain. Par conséquent, les nations cherchent à dissoudre Israël qui est le cœur des nations. Cela explique les diverses décisions actuelles. Nous ne sommes donc certainement pas loin d’une cascade de luttes diplomatiques déclaratives contre Israël suivant cette logique.

Comment relever le défi et remporter la guerre de Gog et Magog ?

En comprenant que nous sommes passés à la 3e phase, qui n’est plus celle de Yaakov et Israël, qui se sont réconciliés, mais la transition d’Israël à Yéchouroun. La Torah et le sionisme se sont réconciliés, vient le temps de l’universel. Yéchouroun représente Israël non plus en tant que nation parmi les nations mais en tant que cœur de l’humanité. C’est cette transition qui est en train de se dérouler.

Redécouvrir le centre

Le rav Kook se pose une question à ce propos (Eyn Aya Berakhot I, 126) : Comment la guerre de Gog et Magog est-elle possible, alors que l’humanité est redevable à Israël de grand nombre de ses valeurs morales et de ses croyances ? Comment l’humanité peut-elle manquer de reconnaissance au point de se révolter contre son bienfaiteur ?

Ce n’est cependant pas par manque de manque de reconnaissance. L’humanité est bien consciente des valeurs qu’elle a reçues d’Israël. La réponse n’est pas non plus à chercher du côté de la psychanalyse. Le rav Kook donne comme image un cercle. Si un cercle contient sur sa périphérie et en son sein une infinité de points, un seul est son centre. La conséquence est que si l’on se trompe ne serait-ce que légèrement sur le centre, nous ne sommes plus en présence du même cercle.

La signification profonde de cela est que tant le centre névralgique de l’humanité n’est pas clair, tous les retournements sont possibles. La barbarie, le paganisme, les massacres, tout est possible tant qu’on n’a pas conscience du centre.

Or aujourd’hui c’est justement le centre qui est remis en question. L’humanité est en phase de redécouvrir son centre, Jérusalem.

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