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Qu’est-ce que la Guéoula?

Il est intéressant de noter que la définition de l’exil et de la délivrance ne contiennent aucun élément spirituel…

Dans le premier chapitre de Netsa’h Israël, le Maharal de Prague définit la Guéoula (délivrance) par le biais de l’exil. Cet antagonisme correspond a un concept   constant dans son enseignement : l’unité des contraires. C’est en connaissant son contraire que l’on peut mieux saisir le concept étudié, de la même manière que le noir permet de définir le blanc, ou le mal le bien.

Le Maharal définit l’exil comme un état caractérisé par trois éléments :

  1. l’éloignement du lieu naturel – Erets Israël
  2. la dispersion parmi les nations
  3. l’asservissement politique à une autre nation

Ainsi, la délivrance se résume à la situation inverse, lorsque les trois conditions suivantes sont réunies : le retour à la terre d’Israël, le rassemblement des exilés, l’indépendance politique.

Il est intéressant de noter que la définition de l’exil et de la délivrance ne contiennent aucun élément spirituel. La délivrance est politique. A la différence du christianisme, qui considère la délivrance comme un événement spirituel et mystique, où c’est l’âme qui est délivrée de ses pêchés et de l’enfer éternel, le judaïsme n’a pas peur pour la destinée de l’âme, car « tout Israël a part au monde à venir » (Michna Sanhédrin 10, 1). Le judaïsme rejette l’idée d’un Dieu hostile à l’homme cherchant vengeance. Car la véritable mission confiée à l’homme est précisément la réparation du monde matériel. C’est parce que l’outil fondamental permettant l’initiation de processus historiques dans ce monde est la politique, que l’Eternel a confié à Abraham une mission essentiellement politique : former une nation dans des frontières définies, c’est-à-dire créer un Etat.

C’est sur la base de la Guéoula que se réalisent les processus spirituels tels le repentir (Techouva), la paix universelle, le retour de la prophétie, la construction du Temple, etc. Mais tout cela n’est que la conséquence de la délivrance, pas la délivrance même. Un débat talmudique cardinal oppose rabbi Eliézer et rabbi Yéhoshoua (TB Sanhédrin 97b, 98a)  à savoir si la délivrance dépendait du repentir d’Israël ou non. Peu importe la conclusion, l’énoncé de la question indique clairement que tous les avis sont d’accord que la délivrance et le repentir ne sont pas synonymes, mais bien des processus parallèles.

Parmi les fêtes transmises par la Torah, celle de Pessa’h, célébrant la délivrance de 600000 idolâtres d’Egypte, diffère de Chavouot, célébrant le don de la Torah. Le compte du Omer relie certes ces deux fêtes, mais la Torah fait dépendre l’existence de la fête de Chavouot, de nature Toranique, de l’existence de la fête de Pessa’h nationale: la Torah ne pouvait être reçue sans sortir d’Egypte. Car même si un Pharaon éclairé avait permis la liberté de culte, la Torah en Egypte ne pouvait être la Torah d’Israël, en l’absence d’indépendance politique, condition sine qua non pour remplir sa mission « par toi seront bénies toutes les familles de la terre » (Gen. 12, 3).

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