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‘Hanouca 5775: Traduction de la Thora – obscurité ou lumière ?

La réaction première qu’eurent les grecs lorsqu’ils rencontrèrent pour la première fois le judaïsme était une réaction de grand respect…

Chalom et joyeuse fête de ‘Hanouca aux juifs et au monde entier, en particulier à nos amis Enfants de Noé dans le monde, qui se préparent pour cette grande et belle fête, cette sainte fête.

Nous allons prononcer quelques mots sur la rencontre entre la culture hellénique et celle d’Israël, qui se rencontrèrent à l’époque des maccabéens qui ont établi la fête de ‘Hanouca. Soulignons un point intéressant : nous avons l’habitude de rappeler que les grecs ont persécuté les traditions juives au temps d’Antiochus Épiphane, le roi séleucide mécréant, mais nous devons nous rappeler qu’avant cela il y eut une très longue période de bonnes relations entre la culture grecque hellénique et les juifs établis à Jérusalem. Je dirais que la réaction première qu’eurent les grecs lorsqu’ils rencontrèrent pour la première fois le judaïsme, était une réaction de grand respect. C’était la première fois qu’ils rencontraient un peuple qui, dans son ensemble, s’occupait de sagesse. Dans leur esprit, la Thora n’était rien de plus qu’une sagesse, une forme de philosophie. Alors voir un peuple entier s’occupant de philosophie, fut une vision très marquante. Pour cette raison, les grecs demandèrent, principalement la maison de Talmaï, Ptolémée, qui résidaient à Alexandrie, en Egypte, demandèrent à traduire la Thora en grec. C’est ainsi que vit le jour la célèbre traduction des Septante, la traduction de la Thora à la langue de la culture dominante.

Cet acte de traduction de la Thora a entraîné deux réactions :

Celle des juifs d’Alexandrie fut très favorable. Ils se réjouirent de la volonté des grecs de traduire notre Thora dans leur langue, étant donné que ça allait les influencer.

A l’opposé, les juifs de Jérusalem furent très attristés d’après les témoignages de nos sages, qui décrivent ces jours par la métaphore suivante :

une obscurité enveloppa le monde pendant 3 jours tant cet événement était insoutenable pour les sages d’Israël. Ils soutenaient que la Thora ne pouvait être traduite du tout.

Se pose la question : désirons-nous la relation universelle de la Thora avec les nations, ou préférons-nous rester renfermés sur nous-mêmes ?

La réponse est très simple. Lorsque notre maître Moïse enjoint, bien avant les événements de ‘Hanouca, de retranscrire la Thora sur des pierres après que nous ayons traversé le Jourdain, il ordonna de le faire « Baer Heitev », [litéralement : explicitement]. Nos sages ont expliqué : « Baer Heitev » signifie en 70 langues, dans toutes les langues du monde.

Alors pourquoi nos sages se sont-ils opposés à sa traduction en grec ?

Il semble que le problème est de ne traduire la Thora qu’en grec. La traduction doit se faire simultanément en 70 langues. Pourquoi ? Car lorsqu’elle est traduite en 70 langues, ça a une signification primordiale : qu’aucun mot de la Thora ne peut être compris sans 70 interprétations différentes. Alors que si la Thora n’est traduite qu’en grec, cela signifie que la culture dominante est la culture hellénique, alors que la culture hébraïque, la Thora des hébreux n’est qu’un embranchement de cette culture, qu’une pièce d’une culture plus globale, la culture grecque antique. C’est cela qui nous était difficile. Il faut toutefois se rappeler que du point de vue des grecs, introduire la Thora aux côtés des œuvres de Platon et Aristote dans la bibliothèque d’Alexandrie était rendre hommage aux juifs, car ils ne comprenaient pas le sens véritable de cette Thora, que cet Enseignement n’est pas de la philosophie, pas qu’une sagesse, mais la transmission de la Parole de Dieu. Or pour comprendre le dialogue divin, il est indispensable d’être la personne, l’identité humaine, à qui la Parole s’adresse. Cette identité humaine a qui s’est adressée la Parole est le peuple d’Israël. Sans le peuple d’Israël, la Thora ne peut être comprise dans son intention véritable.

Au cours de l’Histoire, il a été tenté d’adopter la Thora d’Israël sans le peuple d’Israël. Cette tentative, qui s’appelle le christianisme, a finalement apporté un grand brouillard, une grande obscurité dans la compréhension véritable de la Thora. C’est pourquoi lorsque les ‘Hasmonéens ont vaincu les grecs, l’expression profonde de la victoire fut le miracle de la fiole d’huile. La Menora du Temple resta allumée durant 8 jours alors que la quantité d’huile ne devait suffire que pour 24 heures. Cela vient nous enseigner que la lumière israélienne diffère de la lumière hellène. La lumière d’Israël est une lumière vivante, dépassant la nature. Le chiffre 7 représente la nature, alors que le chiffre 8 représente ce qui la transcende. La lumière provenant d’Israël tient sa source au-delà de la nature, raison pour laquelle elle peut orienter l’homme et lui enseigner comment vaincre la nature, comment élever la nature humaine et la nature en général. Cette fête est donc porteuse d’une grande joie, non seulement pour Israël mais pour toute l’humanité, à travers la victoire sur la Grèce antique, il a été dévoilé que Dieu possédait un canal dans ce monde, par lequel Il s’adresse au monde entier. Ce canal est le peuple d’Israël. Pour marquer cela, nous allumons durant huit jours des bougies sur le palier de la maison afin de rappeler au monde entier, précisément à une heure où l’obscurité se répand dans le monde, que nous sommes là pour apporter la lumière.

Un détail des lois de ‘Hanouca mérite que nous y prêtions attention, à savoir le fait que les bougies sont allumées au commencement de la nuit, lorsqu’il reste un peu de la lumière du jour. C’est un moment qui n’est ni jour ni nuit. Nous trouvons dans le Talmud qu’un sage demanda à son prochain : quand puis-je étudier la sagesse grecque ? Il lui répondit que la sagesse grecque peut être étudiée lorsqu’il ne fait ni jour ni nuit. Quel est ce moment ? Ce moment est appelé « bein hachmachot », [littéralement « entre les soleils »]. C’est le commencement de la nuit, lorsque nous pénétrons l’obscurité, un monde où il n’y a pas de dévoilement divin, mais où il reste une trace de son dévoilement, C’est alors que le moment est opportun d’éclairer les grecs et le monde entier avec la lumière particulière de la fête de ‘Hanouca.

Joyeuse fête de ‘Hanouca à nous et à toute l’humanité.

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A propos de Rav Oury Cherki

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Rav Oury Cherki est né en Algérie en 1959. Il a grandi en France et fit son Alyah en 1972. Etudes a la yechiva du Merkaz Harav. Rabbin. Service a Tzahal dans l'artillerie. Il a étudié auprès du Rav Tzvi Yehouda Kook, du Rav Leon Yehouda Ashkenazi (Manitou), et du Rav Shlomo Benyamin Achlag. Rav Oury Cherki dirige le département israélien du Machon Meïr, et le Centre Noahide Mondial - Brit Olam. Il enseigne dans de nombreux endroits à travers le pays. Il dirige la communauté "Beth Yehouda" à Kiryat Moshé (Jérusalem). Auteur de nombreux ouvrages de pensée juive.

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