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Qu’est-ce que le Noachisme a de plus que la morale humaine?

Pourquoi avons-nous besoin des sept lois noachides alors que l’on pourrait aussi bien s’acquitter de la simple morale humaine??

La morale et les Sept Commandements

Il est intéressant de remarquer que l’ensemble des commandements noachides font partie de la plus simple morale naturelle. Les interdictions de tuer, de voler, de cruauté envers les animaux, de débauche, et même d’une certaine manière le blasphème et le refus de l’idolâtrie, tous ces interdits ainsi que le commandement positif d’avoir une législation et des tribunaux font partie de la loi morale naturelle déjà respectée par la majeure partie de l’humanité. On est donc en droit de se demander quelle est la différence entre la loi des noachides – des bnei noa’h – et la morale. Sous une autre forme, la question qui nécessite d’être posée est: pourquoi a-t-on besoin des sept lois noachides alors que l’on pourrait aussi bien s’acquitter de la morale humaine?

Relation entre Dieu et l’homme

La réponse est qu’il existe une différence capitale entre les impératifs de la morale et les commandements de la Thora, dont les sept lois noachides font partie. En effet, ce que l’on acquiert par l’accomplissement de la moralité n’est que la plénitude, la perfection de la condition humaine. Le point de départ. Car d’une certaine manière un homme immoral n’est pas vraiment un homme, ne réalisant pas son potentiel humain en tant que créature. Or, lorsqu’il s’agit de commandements, en hébreu mitsva, l’on est en présence d’une relation entre Dieu et l’homme. Cette relation entre le Créateur et Sa créature, entre l’infini divin et l’être fini qu’est l’homme, ne peut être réalisée que par un appel de Dieu vers l’homme, de haut en bas, et non provenir de l’initiative des hommes, de bas en haut.

S’approcher de Dieu à l’aide de commandements

La notion de “sentiment religieux” est fréquemment rencontrée chez les nations. Ce sentiment est relativement étranger à la tradition d’Israël, car il implique une ascension de l’homme vers Dieu, ce qui est absolument absurde! Etant donné que Dieu est infini et que l’homme est fini, aucune démarche ayant comme point de départ la finitude de l’homme ne pourra aboutir et ne peut engendrer que déception, voire athéisme. A contrario, lorsqu’on parle de commandement, de mitsva, c’est le Créateur qui s’adresse à l’homme. La direction est inverse. L’accomplissement du commandement permet une association entre l’homme et Dieu. C’est l’un des sens du mot mitsva, qui en hébreu signifie également faire équipe, étant de la même racine grammaticale que le mot tsévète – équipe.

Avoir la foi… et la mettre en pratique !

Tout cela permet de mieux comprendre le Talmud qui raconte qu’il fut un temps où l’humanité toute entière admettait les commandements noachides, mais cessa un jour de les considérer comme des commandements. Non pas que l’humanité tomba dans l’immoralité. Simplement, à un moment de son histoire, elle décida que la morale serait détachée de la Volonté du Créateur. De telle sorte, une personne qui, par malheur, ne se serait acquittée des commandements de la morale et aurait péché, resterait néanmoins toujours liée au Créateur.

L’exemple le plus marquant de cela est la décision prise par les premiers chrétiens d’abolir les commandements de la Thora et de fonder la relation homme-Dieu uniquement sur la foi. La mission proposée par le judaïsme est totalement différente. Ce n’est pas la foi qui sauve, mais au contraire la fidélité aux actes en tant que commandements du Créateur qui permet une adhésion pleine et totale à la divinité. C’est elle qui fait sortir l’homme de sa finitude pour le mettre en relation avec l’infini.

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