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Centre Noachide Mondial: Isaïe 53 – le chapitre interdit – fait-il allusion à Jésus ?

Les controverses entre les juifs et les chrétiens autour des chapitres 52 et 53 du livre d’Isaïe, dans lesquelles il est question du serviteur de Dieu, sont très anciennes. Ce personnage est présenté comme un être souffrant et par ses souffrances amène la rédemption des hommes et finalement devient glorieux et reconnu par l’ensemble des rois de la terre.

La tentation des chrétiens a été de voir dans ce texte une préfiguration de Jésus. Les rabbins au cours du moyen-âge ont été interpellé par ces textes, parfois même convoqués à des disputations publiques.

La tendence générale du monde rabinique a été d’affirmer que ce texte parlait de la communauté d’Israël. Effectivement, il n’est pas rare dans le livre d’Isaïe entre-autres que le peuple d’Israël dans son ensemble soit appelé le serviteur de Dieu. La souffrance d’Israël est la souffrance de l’humanité et, un jour, après été méprisé par l’ensemble de l’humanité, il deviendra glorieux et reconnu par les nations.

D’autres auteurs, tentant une critique objective du texte, ont vu là une représentation du prophète lui-même, de la même manière que Moïse est parfois appelé serviteur de Dieu. Certains y ont vu une métaphore générale pour tous les serviteurs de Dieu, tous les prophètes, tous les justes, et non un personnage quelconque passé ou futur.

Il faut reconnaître qu’il y a des textes rabbiniques anciens qui admettaient tout à fait que ce texte puisse parler du Messie. Cependant il est important de replacer ce terme équivoque dans son contexte juif qui diffère singulièrement de la vision chrétienne. Dans une approche juive, le messie n’est pas un magicien ou un être miraculeux. Il est plutôt l’expression de la vie collective du peuple d’Israël – c’est un roi. Or le roi ne fait que représenter son peuple. Ainsi, tous les attributs du chapitre 53 d’Isaïe peuvent tout à fait s’adresser tant au messie qu’au peuple d’Israël, puisque cela revient finalement au même.

L’identification avec Jésus quant à elle est confrontée à des difficultés insurmontables dans le texte. Isaïe parle en effet de la descendance de ce serviteur de Dieu (v. 10), alors que selon la tradition chrétienne Jésus n’en avait pas. De même, qu’il « mette sa tombe parmi les pêcheurs » ne signifie pas qu’il y soit lui-même enterré (v. 9), etc.

Il me paraît donc relativement inutile de controverser autour de ce chapitre. Pour ceux qui souhaiteraient approfondir le sujet, un chrétien de très haute sensibilité, Aimée Palière, qui a fondé le Noachisme à l’époque moderne reconnaît dans son livre, le Sanctuaire Inconnu, qu’après avoir étudié sérieusement ces textes il devient extrêmement difficile de s’en servir comme preuve éventuelle du christianisme.

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