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Le Respect des Parents

Si vous pensez qu’il se limite à la simple reconnaissance de la bonté de nous avoir donné la vie, en réalité ça va beaucoup plus loin…

Valeur universelle
Le respect des parents est une valeur reconnue universellement, ce n’est pas le judaïsme qui l’a inventé. C’est tellement vrai que lorsque le Talmud enseigne cette valeur et veut montrer jusqu’où il faut aller pour la préserver, il choisit l’histoire d’un non juif de la ville d’Ashkelon qui respectait si bien son père qu’il refusa de le réveiller pour signer une affaire très importante, ce qui lui fit perdre le contrat de sa vie et une importante somme d’argent. Si le Talmud choisit un non juif, c’est bien qu’il considère le respect des parents comme une valeur universelle qui appartient à tous les hommes, quels qu’ils soient. Mais est-ce que cette valeur a toujours été respectée?

Le respect des parents ne va pas de soi
Des témoignages de la très haute antiquité indiquent que le respect des parents était totalement inconnu. En ce temps, les hommes vivaient chacun pour soi et ne reconnaissaient pas de devoir particulier envers la génération précédente. Car respecter les parents ne va pas de soi. Et si vous pensez qu’il se limite à la simple reconnaissance de la bonté de nous avoir donné la vie, en réalité ça va beaucoup plus loin. Il est vrai que ceux qui nous ont donné la vie méritent, ne serait-ce que pour cela, notre entière reconnaissance et tout notre respect. Mais il y a quelque chose de beaucoup plus fort.

De père en fils
Il y a, de manière intuitive, une rivalité entre les parents et les enfants. Car chaque fils deviendra, un jour, lui-même un père. Ainsi, respecter son père signifie accepter que quelqu’un me retienne et me fasse attendre ce jour où je prendrai le rôle de mon père. Et ce n’est qu’une fois que seront réglés les problèmes avec ses propres parents que l’on pourra véritablement devenir soi-même père. Autrement dit, l’on ne peut devenir père que lorsque l’on a reçu de l’autorité paternelle la bénédiction de la paternité. Les psychanalystes l’expliquent comme étant le moment où l’on a surmonté le complexe d’Œdipe.

De Dieu aux parents
Mais c’est plus profond que cela. Car il faut comprendre que la relation enfant-père est privilégiée par rapport à toutes les autres relations que l’on peut avoir entre un homme et son prochain. A tel point même que le Talmud considère qu’il y a une ressemblance fondamentale entre la relation que l’on a envers ses parents et celle que l’on a envers le Créateur du monde. Si pour les psychologues l’idée que l’on se fait de Dieu commence par l’idée que l’on a de son père, la Thora prône l’inverse. C’est l’idée que l’on se fait de Dieu qui doit être appliquée à son père.

Responsabilité des parents
Dans la vision de la fin des temps, le prophète Malachie (III, 23-4) dit que viendra un temps où reviendra le prophète Elie parmi les hommes pour ramener le cœur des fils vers leurs pères et le cœur des pères vers leurs fils. Remarquez l’ordre dans lequel cela se passe. C’est d’abord les pères qui doivent revenir vers leurs fils, et seulement ensuite les fils reviendront vers leurs pères. C’est-à-dire que le travail doit commencer par les parents. A eux d’accepter que leurs enfants soient leur continuation, et alors commence le rôle des enfants, celui d’accepter que leurs pères leur aient donné la vie.
Etre reconnaissant envers celui qui nous a donné la vie n’est pas toujours évident. Parfois l’on en arrive même à lui en faire le reproche. Or respecter ses parents signifie accepter que la vie est bonne et que le monde valait la peine d’être créé et vécu.

 

Plénitude de la vie morale
A travers le respect des parents, la Thora voit donc tout un projet de plénitude de la vie morale. La société actuelle a un peu oublié ce que cela signifiait. La dislocation de la cellule familiale fait que chacun sur terre se retrouve certes libre, mais surtout seul. Le commencement de la fraternité véritablement réussie commence par l’amour et le respect de ceux qui nous ont donné la vie, même si cela n’implique pas nécessairement toujours l’obéissance. Mais l’essentiel est que l’amour et le respect soient associés, même lors d’éventuels conflits d’autorité. C’est ainsi que l’on pourra donner également un sens au respect des commandements du Créateur du monde.

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A propos de Rav Oury Cherki

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Rav Oury Cherki est né en Algérie en 1959. Il a grandi en France et fit son Alyah en 1972. Etudes a la yechiva du Merkaz Harav. Rabbin. Service a Tzahal dans l'artillerie. Il a étudié auprès du Rav Tzvi Yehouda Kook, du Rav Leon Yehouda Ashkenazi (Manitou), et du Rav Shlomo Benyamin Achlag. Rav Oury Cherki dirige le département israélien du Machon Meïr, et le Centre Noahide Mondial - Brit Olam. Il enseigne dans de nombreux endroits à travers le pays. Il dirige la communauté "Beth Yehouda" à Kiryat Moshé (Jérusalem). Auteur de nombreux ouvrages de pensée juive.

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