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La joie

Servez Dieu dans la joie, venez à lui dans l’allégresse (Ps. C,2)

La joie est centrale dans l’expérience de la vie religieuse du juif et dans ce que le judaïsme a à proposer à l’humanité dans son ensemble. En effet, pour le judaïsme, la connaissance du Créateur passe nécessairement par la plénitude humaine et celle-ci est impossible sans joie.

Etre joyeux pour connaître Dieu

Une idée reçue montre une image souvent morne de la vie religieuse. Être religieux signifie être sérieux, avoir un champ de joie rétréci. Or nous trouvons l’inverse chez les prophètes, tel Elisée ne pouvant prophétiser dans la tristesse (Rois II III,15). Ce qui a sans doute poussé Maïmonide à expliquer que la raison pour laquelle la prophétie a cessé de se manifester pendant le temps de l’Exil d’Israël provient du fait que l’une des conditions fondamentales du prophète, être dans la joie, ne peut être atteinte lorsque l’on est dominé par les ignorants et les méchants. Cette tristesse qui s’est introduite dans notre être fait que l’esprit divin nous a quitté.

 

Réaliser les commandements de Dieu dans la joie

עבדו את ה’ בשמחה בואו לפניו ברננה – Servez Dieu dans la joie, venez à lui dans l’allégresse (Ps. C,2). L’on voit dans les paroles du roi David la centralité de la joie dans le service de l’Eternel. Ainsi, l’un des grands maîtres de la kabbale au XVIe siècle, le Rav Its’hak Louria – le Ari – a témoigné de lui-même qu’il était arrivé à un très haut niveau spirituel uniquement parce qu’il avait accompli les commandements de la Thora – les Mitsvot – dans la joie. Cette plénitude, cet accord entier qu’il y a entre l’homme et sa nature et entre la nature et Dieu, est primordiale dans le judaïsme.

 

Perfection + perfectionnement = plénitude

Cette plénitude, sentiment tant convoité, peut être atteinte à travers les deux formes de joie. La joie de la perfection et la joie du perfectionnement. La joie de la perfection, le fait d’être arrivé au but, sentiment éphémère et intense, est appelé en hébreu שמחה (sim’ha) – la joie. La seconde forme est appelée ששון (sassone), un sentiment de joie inférieur mais prolongé, provenant du fait que l’on s’approche du but, c’est la joie du perfectionnement. Ces deux formes de joie expriment les deux manières d’être parfait. Le perfectionnement en tant que finitude et le perfectionnement en tant qu’infinitude. Ce n’est que dans l’alliance des deux, dans le sassone et la sim’ha, dans l’exultation et la joie, que l’on peut finalement arriver à une plénitude véritable nous mettant en contact avec le Créateur du monde.

 

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A propos de Rav Oury Cherki

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Rav Oury Cherki est né en Algérie en 1959. Il a grandi en France et fit son Alyah en 1972. Etudes a la yechiva du Merkaz Harav. Rabbin. Service a Tzahal dans l'artillerie. Il a étudié auprès du Rav Tzvi Yehouda Kook, du Rav Leon Yehouda Ashkenazi (Manitou), et du Rav Shlomo Benyamin Achlag. Rav Oury Cherki dirige le département israélien du Machon Meïr, et le Centre Noahide Mondial - Brit Olam. Il enseigne dans de nombreux endroits à travers le pays. Il dirige la communauté "Beth Yehouda" à Kiryat Moshé (Jérusalem). Auteur de nombreux ouvrages de pensée juive.

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