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Cycle de la vie Noachide – Mariage
Cycle de la vie Noachide - Mariage (Photo by Flickr)

Cycle de la vie Noachide – Mariage

Quel bonheur que de fonder une famille !

Fonder une famille sous-entend aussi la volonté d’avoir des enfants et les éduquer. Pour cela il est nécessaire de créer une cellule familiale comportant un père, une mère et des enfants nés de leur union.

La Torah encourage la procréation. Au commencement de l’humanité, il est dit : « croissez et multipliez ! Remplissez la terre et soumettez la ». Ainsi, les relations intimes qui sont parfois répugnées par d’autres traditions, sont considérées par la Torah comme saintes ! A tel point que la cérémonie d’union des époux est appelé par le Talmud kidouchine, sanctification. Car lorsqu’un homme et une femme fondent une famille dans la sainteté, la Providence y réside. Cela s’explique du fait que les familles représentent la perpétuation de la vie éternelle à travers le couple.

La question qui se pose est comment formaliser cette union ? A quel moment les conjoints deviennent officiellement unis et donc autorisés l’un à l’autre ?

Notre maître Maïmonide, le plus grand des décisionnaires juifs établit : « Avant le don de la Thora, un homme rencontrait une femme sur la place publique, si lui et elle consentaient à ce qu’il la prenne pour femme, il l’emmenait dans sa maison, la possédait charnellement en privé, et elle devenait pour lui sa femme. Dès lors que la Thora fut donnée, il fut prescrit au peuple d’Israël qu’un homme désirant prendre femme acquière tout d’abord celle-ci devant témoins et c’est ensuite qu’elle deviendra sa femme, ainsi qu’il est dit (Deut. 22, 13) : « Lorsqu’un homme prendra une femme et s’unira à elle » ». Il y a introduction d’un acte d’acquisition, ou sanctification, et c’est cet acte qui autorise les relations entre les conjoints.

La signification du changement relaté par Maïmonide est que l’on est passé d’un système naturel à un système de sainteté. Le judaïsme a introduit dans la cellule familiale une nouvelle dimension, à la fois divine, rituelle, formelle et sociale.

En quoi cela concerne-t-il les Noachides? Du point de vue strict de la loi, les Bne Noah n’ont pas besoin de protocole particulier pour s’engager. Du moment qu’un homme et une femme ont des relations intimes dans le but de fonder un foyer, leur union est officielle et la femme est interdite à d’autres hommes.

Cependant ces directives de la Torah sont également recommandées aux Noachides. Lorsque notre patriarche Jacob rentre en Erets Israël de Padan-Aram, il fait escale à Sichem avec les membres de sa maison où il est dit : « il se fixa à l’entrée de cette ville ». Qu’est-ce que Jacob fixa ? Nos sages expliquent qu’il institua trois nouvelles choses : une monnaie, des marchés et des bains publics. En d’autres termes, il leur enseigna comment se marier selon la Torah d’Israël. La monnaie représente l’objet (l’anneau) employé pour l’officialisation du mariage. Les marchés représentent l’engagement pécuniaire légal du mari envers sa femme. Enfin, les bains publics représentent l’immersion, afin que les rapports intimes s’établissent dans la sainteté et ne se suffisent pas d’être un simple acte naturel. La volonté de Jacob était d’élever la population de Sichem à la sainteté de la vie familiale. Du récit biblique, nous savons que cette tentative a échoué, mais l’intention fut établie.

C’est pourquoi notre organisation, « Brit Olam », recommande aux communautés Noachides d’établir une cérémonie particulière de mariage qui leur serait propre. Quelques directives à cet effet:

  • il est souhaitable que chaque communauté tienne un registre relatant l’identité des conjoints (à l’appui de documents officiels), leur occupation, etc.
  • il est recommandé d’organiser une cérémonie de mariage avec par exemple un dais nuptial (‘houpa) représentant la présence divine au sein du couple marié
  • lors de cet événement, le mari ferait don à son épouse d’un objet (habituellement une bague), et déclarerait : « Te voici consacrée à moi par cette bague (ce bijou) »
  • suite à cela, cinq bénédictions peuvent être récitées sur un verre de vin (voir recueil de prières Brit Olam)

Une telle cérémonie ferait partie des us et coutumes de la communauté et serait décrite dans les recueils officiels du comité directeur avec l’approbation des membres de la communauté comme il est d’usage.

Il faut comprendre que la fondation de familles est une expression d’optimisme. C’est l’expression de l’amour que nous ressentons pour Dieu et la compréhension que le monde est bon, qu’il est bon d’y vivre et d’y fonder des familles.

Un élément supplémentaire de toute cérémonie de mariage juif est le bris d’un verre qui symbolise le deuil sur la destruction du Temple. Nous sommes attristés de vivre dans un monde sans Temple. Le Talmud déclare que si les nations savaient ce qu’elles ont perdu avec la destruction du Temple, notamment l’expiation de tous les pêchés de l’humanité, ils l’auraient entouré de soldats afin d’empêcher sa destruction. Nous proposons ainsi d’inclure également cet acte lors de mariages Noachides en signe de participation à la tristesse que cause l’absence du Temple et l’espoir de sa reconstruction prochaine.

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A propos de Rav Oury Cherki

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Rav Oury Cherki est né en Algérie en 1959. Il a grandi en France et fit son Alyah en 1972. Etudes a la yechiva du Merkaz Harav. Rabbin. Service a Tzahal dans l'artillerie. Il a étudié auprès du Rav Tzvi Yehouda Kook, du Rav Leon Yehouda Ashkenazi (Manitou), et du Rav Shlomo Benyamin Achlag. Rav Oury Cherki dirige le département israélien du Machon Meïr, et le Centre Noahide Mondial - Brit Olam. Il enseigne dans de nombreux endroits à travers le pays. Il dirige la communauté "Beth Yehouda" à Kiryat Moshé (Jérusalem). Auteur de nombreux ouvrages de pensée juive.

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