Accueil » Articles » Articles - Paracha de la semaine » Devarim ’74 – le secret de la « bordure protectrice »

Devarim ’74 – le secret de la « bordure protectrice »

La faute des explorateurs apparaît à nouveau dans notre paracha et dévoile, en passant, une caractéristique particulière de notre maître Moïse. Le peuple a décidé qu’il n’était pas capable d’entrer en terre d’Israël par peur de devoir combattre contre des géants : “C’est par haine pour nous que l’Éternel nous a fait sortir de l’Egypte! C’est pour nous livrer au pouvoir de l’Amorréen, pour nous anéantir!” (Deut. 1, 27).

Dieu fera-t-il des miracles en Israël ou non ?

La réponse de Moïse au peuple diffère radicalement de celle de Caleb qui avait dit : “Montons, montons-y et prenons-en possession, car certes nous en serons vainqueurs!” (Nom. 13, 30). Sa réponse est : “Vous n’avez pas à trembler ni à les craindre. L’Éternel, votre Dieu, qui marche à votre tête, Lui-même combattra pour vous, tout comme Il l’a fait contre l’Egypte, sous vos yeux” (Deut. 1, 29-30). Moïse tente de rassurer le peuple en lui disant que l’Eternel leur fera des miracles en Eretz Israël de la même manière qu’Il leur en a faits en Egypte et dans le désert. Ne vous en faites pas, la guerre sera aisée.

Miracles a posteriori – lorsqu’on ne peut faire autrement

La réponse de Moïse est étonnante, car tout l’objectif de la conquête d’Israël est d’entrer dans une nouvelle ère – l’ère naturelle. La sainteté du peuple d’Israël et la sainteté de la Providence résidant en lui doivent se dévoiler par des voies naturelles et non miraculeuses. C’est ainsi que les sages nous enseignent que l’on ne doit se fier aux miracles (TB Pessa’him 64b). Le miracle ne survient qu’a posteriori, lorsqu’il n’y a pas le choix, que l’homme est trop faible pour surmonter seul les épreuves auxquelles il fait face. Ce n’est qu’alors que l’Eternel réalise des miracles. Ce n’est pas ce qui est désiré a priori. Mais si c’est vrai, pourquoi Moïse dit-il l’inverse ? C’est parce qu’il estima que le peuple était trop faible. Cela soulève une critique contre Moïse – pourquoi n’a-t-il pas encouragé le peuple à combattre comme l’ont fait Josué et Caleb ?

Pourquoi Moïse n’est-il pas entré en Israël ?

La réaction divine est sans équivoque : « L’Éternel entendit vos paroles, et Il s’irrita, et Il proféra ce serment: “Si jamais un seul de ces hommes, de cette génération mauvaise, voit l’heureux pays que J’ai juré de donner à vos pères!… Seul, Caleb, fils de Yefounné, le verra; ce sol qu’il a foulé, Je le donnerai à lui et à ses enfants, parce qu’il est resté fidèle au Seigneur.” » (Deut. 1, 34-36). Puis, immédiatement, le verset si dur : « Contre moi aussi l’Éternel s’irrita à cause de vous, au point de dire: “Tu n’y entreras pas, toi non plus!” » (id. 37). Nous avons l’habitude d’entendre que la raison pour laquelle Moïse n’est pas entré en Israël était sa faute à l’occasion des eaux de discorde (Deut. 32, 51 p.ex.). Or ici il s’avère qu’il y avait une autre raison, plus cachée, à savoir que Moïse n’a pas eu confiance en la force du peuple, n’a pas cru qu’il serait assez fort pour combattre sans l’aide de miracles.

« Bordure protectrice »

Nous apprenons de là que pour être une « bordure protectrice » en Israël, pour que sa possession de la terre ne soit pas ébranlée, Israël ne doit pas attendre de miracles mais doit, au contraire, avoir confiance que l’Eternel est avec lui derrière tous les processus naturels et dans toutes les guerres naturelles.

Chabbat Chalom aux Enfants de Noé du monde entier

  Was this post useful or helpful to you? Please consider supporting our projects.

%d blogueurs aiment cette page :