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Vaet’hanan ’73 – Amour et foi

Ce sont là deux manières de servir l’Eternel : la première est de servir Dieu parce qu’il est l’Éternel notre Dieu, l’Éternel un »…

Après le verset de profession de foi, « Ecoute, Israël: l’Éternel est notre Dieu, l’Éternel est un! » (Deut.  6, 4), la Thora poursuit : « Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir » (id. 5). Cette formulation diffère du second paragraphe de la ‘récitation du Chéma’ : « Or, si vous êtes dociles aux lois que je vous impose en ce jour, aimant l’Éternel, votre Dieu, le servant de tout votre cœur et de toute votre âme, je donnerai à votre pays la pluie opportune… » (id. 11, 13-14), où est promise une récompense à quiconque servirait l’Eternel avec amour. Au premier paragraphe, « Tu aimeras » a une valeur propre sans espérance de salaire quelconque.

Ce sont là deux manières de servir l’Eternel : la première est de servir Dieu parce qu’il est l’Éternel notre Dieu, l’Éternel un ». Dans ce cas, « Tu aimeras l’Éternel » découle logiquement de l’entendement: « Ecoute, Israël ». C’est pour cette raison que la Thora poursuit : « de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir ». Car même « de tout ton pouvoir – même s’Il te prend tes biens » comme l’interprète le Talmud de Jérusalem (Berakhot 5, 9), que l’homme soit prêt à abandonner ses richesses pour l’amour de l’Eternel.

La seconde manière de servir l’Eternel prend en considération les faiblesses de l’homme, servant l’Eternel, certes par amour, mais avec l’attente d’une récompense. La Thora ne peut dans ce cas ajouter l’expression « de tout votre pouvoir », elle se contente de « tout votre cœur et de toute votre âme », car l’espoir de l’homme est ici, au contraire, d’augmenter ses richesses et non de les sacrifier.

Cette différence entre ces deux manières de servir Dieu par amour entraine une différence supplémentaire, celle de l’action de l’individu sur son entourage. Voici l’enseignement de nos sages sur le verset « Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu » : « Rends Le aimable aux créatures, comme le fit Abraham ton patriarche ». La prise de conscience que « Dieu est un » engendre un rayonnement intérieur qui pousse les créatures à aimer Dieu – quiconque le rencontre dit de lui : « que cette personne qui étudie la Thora est agréable ! Qu’est agréable ce serviteur de Dieu ! » et ainsi tous désirent servir Dieu.

Il n’est par contre pas dit de celui qui sert Dieu par intérêt qu’il entraine l’amour de Dieu autour de lui, mais uniquement qu’il recevra sa récompense : « tu récolteras ton blé, et ton vin et ton huile » (id. 11, 14). Il n’y a pas de raison que les autres créatures se lient d’amour à Dieu grâce à lui.

« Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu » est l’une des sources du commandement d’amener des étrangers sous les ailes de la providence. Il est dit de l’étranger : « Vous aimerez l’étranger » (véahavta ète …), tout comme il est dit de Dieu : « Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu » (véahavta ète …), alors que pour l’amour de son proche né au sein du peuple d’Israël, il est dit : « aime ton prochain comme toi-même » (veahavta lé-…). La raison à cette différence, explique le Rambam dans ses épitres, est que l’amour de son prochain issu du peuple d’Israël est en partie intéressée. Ces deux personnes ont grandi au sein de la même famille, sont enfants du même peuple. L’amour entre elles est naturel. Ce n’est pas le cas de l’amour de l’étranger, provenant de l’attachement même à l’amour de l’Eternel, sans aucune familiarité. L’amour envers l’étranger est particulier, car il exprime un amour de l’Eternel désintéressé.

Chabbat Chalom à tous les Enfants de Noé

Oury Cherki

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