Le vol

Les Justes sont attachés à leurs biens plus qu’à leur corps…

La quatrième interdiction des lois noachides est celle du vol. Ne pas voler son prochain, respecter sa propriété, est une valeur généralement admise dans l’humanité. Même au sein des sociétés entièrement communisantes, il est généralement compris qu’il existe un minimum de propriété de l’homme sur certains de ses biens.

Le vol jusqu’au moindre détail

La loi noachide ainsi que la loi de la Thora interdisent le vol, comme il est écrit: “tu ne voleras point” (Ex. XX,13). Cependant, le vol comporte de nombreuses modalités, notamment voler le temps de son prochain, voler son honneur, ses biens ou encore endommager ses biens sans les voler. La הלכה (halah’a) – la loi juive – a même été jusqu’à introduire, dans l’interdiction du vol, le retard dans le paiement d’un salaire. C’est-à-dire qu’un employeur retardant de quelques jours le paiement du salaire de l’un de ses employés transgresse l’interdiction du vol du simple fait qu’il a conservé le bien de son prochain un certain temps chez lui. Evidemment, à l’inverse d’autres actes, le vol peut être réparé. Des conventions peuvent également en fixer les modalités, tel que l’établissement de contraventions pénalisant les retards.

Les Justes sont attachés à leurs biens plus qu’à leur corps

Il est toutefois nécessaire de bien saisir la gravité du vol, qui a été jusqu’à entraîner certaines sociétés à le punir de mort. Il existe un rapport véritablement profond entre l’homme et les objets qui lui appartiennent. Ce rapport ne se limite pas à l’utilisation de l’objet. Car un homme authentique établit une véritable relation, presque d’identité, avec ses biens. Non celle de l’avare qui ne peut se détacher de ses pièces d’or. Au contraire, la tradition talmudique nous dit que “les Justes sont attachés à leurs biens plus qu’à leur corps” du fait qu’ils savent qu’avec leurs biens ils peuvent apporter beaucoup plus au monde qu’avec leur corps. Les biens peuvent servir à faire le bien! Ainsi, arracher à autrui quelque chose auquel il s’est attaché peut être vu comme l’arrachement d’une partie de son être, une entame dans la plénitude de sa personne, comme si on l’avait un peu tué. C’est cela toute la gravité du vol.

Respect de l’intégralité du prochain

A partir du moment où l’on acquiert la sensibilité nécessaire envers les biens de son prochain, alors l’on commence à respecter l’intégralité de la personne humaine car l’on reconnaît que cette personne s’étend bien au-delà de son corps et de sa vie, et s’étend également jusqu’aux limites de ce qu’il a pu acquérir. De ce point de vue là on évolue dans l’établissement d’une morale humaine pleine et totale.

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