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La chair vivante

Si la consommation de viande me rend moi-même animal, alors tuer une bête devient un crime !

Le sixième commandement noachide consiste en l’interdiction de consommer de la chair vivante. Plus précisément, il s’agit de l’interdiction de consommer un morceau de chair ou un organe entier arrachés à un animal de son vivant. Cela inclut évidemment l’animal vivant dans son entier, par exemple la consommation des huîtres ou celle du homard qui, encore vivant, est mis à cuire dans de l’eau bouillante. Il y a ici un élément de cruauté qui est répréhensible et que la Thora interdit aussi bien pour les hébreux que pour les non-juifs.

De la viande oui, de la cruauté non

L’on peut voir dans ce commandement une certaine préparation de l’humanité à la phase végétarienne. En effet, le premier homme, et ce jusqu’au déluge selon le récit biblique, n’était autorisé à consommer que du végétal. Ce n’est qu’après la décadence de l’humanité que la consommation de chair animale a été autorisée aux hommes. Mais cette autorisation, qui est une tolérance certes importante, a ses limites: elle n’implique pas la cruauté. La cruauté est évacuée en dehors de la consommation humaine, et ce même si entre-temps l’animal est mort. De ce fait il sera par exemple interdit de tirer le sang d’un animal pour en faire du boudin, ou d’en arracher son gigot comme cela se faisait avec les porcs dans le Moyen Âge. Ainsi, même après que l’animal soit mort, la chair qui lui a été retirée auparavant est considérée comme une abomination et demeure interdite à la consommation.

Collaboration des animaux à l’humanité

Il se cache cependant, dans la consommation de l’animal, une autre idée, celle de collaboration de l’animal à l’humanité. En effet, lorsque nous mangeons des animaux, nous les faisons participer à notre humanité. Se pose alors la question difficile et cruciale: est-il moral de mettre à mort un animal pour la consommation d’un homme? Cela nécessite l’acquisition par l’homme d’un niveau moral supérieur à celui de l’animal. Si cette consommation le rend lui-même animal, alors tuer la bête est un crime. Mais si cet homme représente quelque chose de supérieur sur le plan moral, alors il a le droit, et peut-être même le devoir, de faire participer l’animal à sa vie. Ainsi, la consommation de bifteck devrait être réservée aux gens moraux !
C’est pour éviter la décadence vers la bestialité, vers l’animalité, que la Thora a interdit la cruauté dans la consommation de la chair animale. A tel point que c’est devenu un point central de la morale selon Israël, et que cela a été introduit dans les sept commandements des fils de Noé pour toute l’humanité.

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A propos de Rav Oury Cherki

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Rav Oury Cherki est né en Algérie en 1959. Il a grandi en France et fit son Alyah en 1972. Etudes a la yechiva du Merkaz Harav. Rabbin. Service a Tzahal dans l'artillerie. Il a étudié auprès du Rav Tzvi Yehouda Kook, du Rav Leon Yehouda Ashkenazi (Manitou), et du Rav Shlomo Benyamin Achlag. Rav Oury Cherki dirige le département israélien du Machon Meïr, et le Centre Noahide Mondial - Brit Olam. Il enseigne dans de nombreux endroits à travers le pays. Il dirige la communauté "Beth Yehouda" à Kiryat Moshé (Jérusalem). Auteur de nombreux ouvrages de pensée juive.

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