La foi

La raison ne peut s’opposer à ce qui est essentiel à la relation avec le Créateur, la foi…

Lexique trompeur

Le terme de foi a une signification toute différente en français et en hébreu. Or, nous sommes en général très influencés par la tradition chrétienne qui considère que la foi est l’inverse du rationnel. La tradition chrétienne encourage la croyance en des choses absurdes, par exemple l’idée de l’incarnation de la divinité, de la trinité et tant d’autres choses qui choquent l’intelligence humaine toute simple. Pour elle, la foi dépasse la raison.

Foi rationnelle

Cette définition est tout le contraire de ce que la tradition d’Israël enseigne, à savoir que l’on ne peut avoir pour objet de foi que des choses qui sont validées par la raison ou qui ont été prouvées par des faits. Ainsi, lorsqu’une chose s’oppose à la raison, elle ne peut être le sujet de la foi. La raison à cela est simple: étant donné que Dieu a donné à l’homme le plus beau cadeau qu’il puisse y avoir au monde, le cadeau de la raison, il serait absurde de considérer que ce cadeau est empoisonné. La raison ne peut s’opposer à ce qui est essentiel à la relation avec le Créateur, la foi.

Emouna – une foi entière

Au contraire, le terme de אמונה (émouna), traduit généralement par “foi”, signifie littéralement la pleine acceptation du sujet de la foi. Or il ne peut y avoir de véritable acceptation sans un accord complet entre la raison et l’objet de la foi! Si l’on doit, pour accéder à la foi, renoncer à sa moralité, à ses intuitions les plus fondamentales, à sa raison, l’adhésion ne peut être entière. A l’inverse, si l’on parvenait à une pleine foi en certaines choses, cela impliquerait nécessairement une renonciation à une partie de notre personne. Ce serait un blasphème! Comme si un élément dans l’homme avait été créé en vain, faisait obstacle au contact avec la divinité.

Croire à Dieu

C’est pourquoi, pour le judaïsme, il ne peut y avoir de foi qu’en ce que la raison valide, ou en ce qui a été prouvé dans les faits. Dès lors, l’on peut comprendre pourquoi l’idée de l’existence de Dieu n’a pas toujours été formulée sous la forme d’une “croyance en Dieu”. L’on ne croit pas en Dieu, l’on croit à Dieu. L’on croit à Sa parole. S’il y a eu une Révélation, si Dieu a parlé à l’homme, cette parole a été entendue. Et si elle a été entendue, elle est, par la même, un fait. C’est ce fait qui peut être l’objet de la foi.

Or il va de soi que l’on ne peut croire chaque personne prétendant avoir eu une révélation! Alors qu’est-ce qui définit une révélation en laquelle l’on peut avoir une foi entière?

Révélation individuelle et révélation collective

Imaginez un individu qui prétendrait que Dieu s’est révélé à lui et lui a dit de transmettre à un peuple ou pire, à l’humanité, de suivre Sa voie. Pourquoi le croire? Même si cet individu faisait des miracles, il serait absurde de penser que la volonté du Créateur dépendrait d’un organe individuel. Ainsi, l’on ne peut accepter de révélation faite à un seul individu qui prétendrait venir au nom de Dieu.

Pour cette raison, la tradition d’Israël ne base sa foi que sur la révélation que Dieu a faite à l’ensemble de la collectivité d’Israël au mont Sinaï, un événement qui a été connu de tout le peuple. Ce n’est qu’à partir de cet événement-là que l’on peut valider la mission de Moïse et accepter tout ce qu’il dit. Si encore aujourd’hui le peuple d’Israël accepte ce que Moïse lui a transmis, ce n’est que parce qu’il a entendu directement la parole du Créateur qui validait sa mission. Ce n’est pas une foi aveugle, c’est une foi fondée sur la dignité de la raison humaine et sur la validité des faits historiques.

C’est cela la foi d’Israël.

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