Athéisme

Celui qui refuse le paganisme reconnaît, implicitement, D.ieu

Croire ou ne pas croire en Dieu?

L’athéisme est un mode de pensée en vogue aujourd’hui. Schématiquement, le monde peut être divisé en deux sortes de personnes: ceux qui croient en Dieu et ceux qui n’y croient pas. Mais en y regardant de plus près, l’on se rend compte que des deux catégories, aucune ne sait véritablement de quoi elle parle. Qui comprend réellement ce qui signifie croire en Dieu? N’est-ce pas très souvent une forme, certes subtile, d’idolâtrie, d’anthropomorphisme? Et ne pas croire en Dieu, n’est-ce pas simplement une manière d’affirmer sa liberté? Or la liberté de l’homme est elle-même voulue par Dieu! Car de manière paradoxale, Dieu Lui-même se comporte tel un athéiste laissant la place à l’homme.

 

Même le juif est athée !

Ainsi, du point de vue de la tradition juive, la division entre ceux qui croient en Dieu et ceux qui n’y croient pas n’est pas valide. En effet, une règle talmudique quelque peu surprenante dit que : “כל הכופר בעבודה זרה נקרא יהודי” (Meguila 13a) – celui qui rejette l’idolâtrie, le paganisme, est automatiquement appelé juif. Le mot “juif” signifiant ici, par déclinaison du verbe להודות en hébreu, “celui qui reconnaît”. En d’autres termes, celui qui refuse le paganisme reconnaît, implicitement, Dieu.

L’athéisme est un progrès !

Cela peut surprendre mais l’athéisme moderne, du point de vue de la tradition d’Israël, est un progrès. Car la décision de rejeter l’idée de Dieu qu’avaient les hommes jusqu’à présent a été motivée par l’infantilisme de la croyance populaire, croyance qui était mêlée de beaucoup de scorie païenne et de conceptions erronées. Il n’est donc pas mauvais que les hommes aient décidé, tôt où tard, de se débarrasser de ces formes désuètes de la connaissance de Dieu. L’on peut également comprendre dans ce sens la pensée du philosophe Nietzsche qui disait que Dieu est mort, car en effet la conception de la divinité qu’avaient les hommes jusque-là est bel et bien morte.

Ne pas parler de Dieu et éviter les ennuis

Si les interdictions de l’idolâtrie et du blasphème font partie des sept commandements noachides, il est intéressant de noter l’absence d’un commandement positif de croire en Dieu. Or, admettre l’existence de Dieu est l’un des 613 commandements de la tradition d’Israël, d’après certains même le premier. Cette absence délibérée montre bien toute la prudence de la tradition juive par rapport à des formulations d’ordre théologique. Car parler de Dieu, Le définir, l’insérer dans un dictionnaire ou dans un catéchisme, contient nécessairement des bêtises. Il est alors préférable de nettoyer le terrain, ne pas parler de l’existence du Créateur et peut-être, ainsi, laisser le débat à ce propos aux spécialistes de la question.

Le message du peuple juif

Les spécialistes ès divinité, traditionnellement, sont les prophètes d’Israël. Seuls ceux qui sont en contact direct avec la parole du Créateur peuvent savoir de qui ils parlent lorsqu’ils emploient le nom de Dieu. Le peuple juif, en tant qu’héritier des prophètes – bien qu’ayant perdu cette connaissance – est toujours porteur du souvenir de cette parole qui lui était adressée dans l’antiquité. Pour cette raison, il est porteur d’un message qu’il est susceptible de transmettre à l’humanité. Il a le secret du souvenir de la parole, comme le disait l’un des grands maîtres du judaïsme du 20e siècle, le rav Yehouda Léon Ashkenazi, Manitou, qui disait que “si la voix s’est tue, l’écho n’est point tari”. Or, aujourd’hui, nous vivons le reste d’un écho. Cet écho est en train de renaître sous forme de parole. Il est en train de renaître sous la forme d’Israël qui revient sur sa terre, et c’est pourquoi l’athéisme moderne est bienvenu. Il est venu à point nommé pour libérer les hommes des entraves de l’idolâtrie et leur permettre d’écouter une parole pure sortant de Jérusalem.

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