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Temps et espace, pourquoi ?
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Temps et espace, pourquoi ?

Philosophes et scientifiques se sont abondamment penchés sur la définition du temps et de l’espace. Cette question a préoccupé nombre d’esprits, car ces deux dimensions forment les frontières du monde de l’homme. L’une des questions favorites est de savoir si le temps et l’espace sont subjectifs (Kant) ou objectifs (Descartes), à moins qu’ils ne soient qu’illusion (Berkeley). La science moderne a adopté la thèse que le temps et l’espace dépendent de la masse (Einstein). D’aucuns ont vu dans le temps le point d’ancrage entre l’homme et le monde (Bergson). La question s’est aussi posée de savoir si le temps et l’espace possédaient une dimension minimale, des « atomes » de temps et d’espace en quelque sorte (Kalâm) ou s’ils étaient continus (Aristote). Ainsi poursuit l’homme sans relâche l’analyse de ces deux notions, dans l’espoir d’obtenir une définition qui satisfasse sa curiosité intellectuelle.

Or une question n’est pas abordée : pourquoi le temps et l’espace existent-ils ?

Ceux qui se sont penchés sur cette question sont les sages d’Israël, non du point de vue scientifique, mais moral.

L’espace permet de différencier entre un individu et son prochain. Sans cette différence, nous aurions l’impression de ne faire qu’un et il n’aurait pu s’établir de relation de réciprocité entre les créatures, fondement du travail éthique. C’est ce qu’ont dit nos sages : « il n’est point d’objet qui n’ait sa place » (Maximes des Pères 4, 3). Sans relation entre l’homme et son prochain, l’on ne peut réaliser le commandement « tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lév. 19, 18) que rabbi Akiva voyait comme résumant toute la Torah, et sans lequel le monde serait un enfer (Lévinas).

Le temps permet de mériter le droit à l’existence. Sans le temps, nous ne pourrions répondre aux exigences de la vertu de Justice. Car l’homme, dans sa petitesse, n’est pas capable de se tenir face à l’Infini de Dieu. A plus forte raison si l’individu a fauté. Rabbi Moche Chaim Luzzato (Messilat Yécharim ch. 4) explique que le temps a été donné au pêcheur pour réparer le tort causé. Mais même s’il n’y avait de faute, il faudrait toujours du temps pour l’établissement de la personnalité et acquérir le mérite d’exister. C’est en fait la vertu de Miséricorde (ra’hamim), de même racine en hébreu que le mot matrice (ré’hem), lieu donné à l’être vivant pour lui permettre, le temps de la grossesse, de se préparer et d’acquérir les outils qui lui permettront d’affronter le monde extérieur.

Il s’ensuit que si l’espace et le temps sont des concepts moraux, leur existence dépend également d’un besoin moral. C’est pourquoi une fois que l’homme aura acquis le mérite d’exister, la dimension d’espace pourra être abandonnée et les âmes s’uniront, comme expliqué dans le Tanya (ch. 32), que l’assemblée d’Israël ne forme qu’une seule âme divisée en corps multiples, et ainsi s’élèvera le monde au-delà de la dimension du temps historique, atteignant un niveau supérieur, un monde où la vie sera éternelle.

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