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Qu’est-ce que l’humilité?
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Qu’est-ce que l’humilité?

Spinoza écrit dans l’Ethique (4e partie, propositions 53-54) que bien que le monde pense que l’humilité soit une vertu, il n’en est rien. Elle est au contraire un défaut, n’étant que l’exaltation de l’âme face à son impuissance. C’est pourquoi, à son avis, elle n’est pas recommandée aux sages.

Néanmoins, il convient de poursuivre l’éducation des foules ignorantes à l’humilité, car étant de nature à être guidées par leurs pulsions, ce n’est qu’ainsi qu’elles se soumettront aux paroles des sages. D’autre part, il rejette également l’orgueil (id. 55), qu’il définit comme l’ignorance qu’a l’individu de sa véritable valeur.

Ses paroles sont l’antithèse de la Torah, qui loue Moïse, le plus grand des prophètes, le qualifiant de « fort humble, plus qu’aucun homme qui fût sur la terre » (Nombres 12, 3).

L’explication théologique de cette différence entre le pur et l’impur réside dans la conception du monde de Spinoza. Il semble en effet que son rejet de l’humilité provienne de son rejet d’une divinité transcendantale, détachée du monde. Etant donné que, selon lui, Dieu n’est autre que la nature, l’homme est en fin de compte lui-même divin. Il n’a donc personne envers qui il puisse s’annuler, et toute humilité équivaut à une faiblesse. A l’inverse, ceux qui connaissent Dieu et reconnaissent le détachement absolu de Son infinité du monde parviennent, à partir de cette connaissance, à l’humilité suprême, celle qui permet de s’attacher à la lumière située au-delà de la conscience.

Nous pouvons dès lors expliquer un enseignement de Ram’hal dans le Messilat Yésharim. Quand bien même le rejet de l’orgueil est établi dès les premières étapes de l’acquisition des vertus, dans le chapitre sur les détails de la vertu de limpidité (ch. 11), l’une des vertus indispensables pour acquitter l’individu de son devoir d’être juste (Tsadik, ch. 13), ce n’est que bien plus loin qu’il explique la vertu d’humilité, aux chapitres 22-23.

La raison de cela est que l’on ne peut accéder à la véritable humilité sans comprendre les voies de l’Eternel, elles-mêmes accessibles qu’une fois acquise la vertu de piété (‘Hassidout, ch. 18-21). La connaissance de Dieu entraîne nécessairement un sentiment d’humilité véritable à Son encontre. Non pas uniquement le rejet de la vanité de l’orgueil, mais une conscience claire de la position de l’homme, qui n’est rien d’autre que ce que lui a donné l’Eternel.

Nous comprenons ainsi également l’inclinaison de Maïmonide au sujet de l’humilité le démarquant, une fois n’est pas coutume, du philosophe Al-Fârâbî. Car si Al-Fârâbî prône pour toutes les vertus, y compris l’humilité, de suivre la voie médiane, le Rambam (Deot 2, 3) enjoint dans ce cas d’adopter l’humilité à l’extrême, à savoir l’effacement de soi. C’est là la différence entre Israël et les nations.

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