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Yom Haatsmaout – Importance de la Terre

Pas n’importe quelle terre, mais un pays convenant à l’épanouissement de sa vocation particulière…

C’est en tant que peuple qu’Israël est mis à part, objet d’une attention spéciale de la Providence. Or, comme tout peuple, il lui faut une Terre où faire apparaître les dimensions collectives de son existence, et non pas n’importe quelle terre, mais un pays convenant à l’épanouissement de sa vocation particulière. Car la Terre d’Israël, tout comme les descendants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, a elle-même fait l’objet d’un choix divin. “Elle ne ressemble point au pays d’Egypte… C’est une terre sur laquelle l’Eternel ton Dieu veille toujours, et qui demeure sous les yeux de l’Eternel depuis le commencement de l’année jusqu’à la fin.” (Deutéronome 11,10 à 12). C’est vers cette Terre que part Abraham en ce nouveau commencement de l’histoire. Nulle Terre n’a été plus solennellement accordée à un peuple que la Terre d’Israël au peuple d’Israël. Les peuples rient et certains juifs aussi se moquent, quand on leur présente la Bible comme le document d’héritage unissant à jamais le Pays d’Israël au peuple d’Israël. Quoi de plus vil que cette ignorance, qui ignore jusqu’au nom de la Connaissance qu’elle croit bafouer! La Bible et l’histoire ne présentent-elles pas la même réalité? […]

L’histoire passée d’Israël est organiquement liée à l’accomplissement futur que nous décrivent les prophètes “dans la suite des temps”. Israël n’a pas achevé sa tâche, il n’est qu’au milieu de sa route, il ne lui sera jamais possible de s’arrêter à mi-chemin; on ne peut pas plus envisager une interruption de l’histoire d’Israël qu’un arrêt brusque de l’histoire du monde. Israël est le cœur vivant du monde. Les promesses divines révélées aux patriarches, à Moïse, comme à tous les prophètes, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, sont coextensives à l’histoire du monde, intimement coordonnées au devenir de l’humanité. Israël ne s’appartient pas à lui-même. Une autre nation pourrait peut-être décider de disparaître ou de nier sa vocation. Mais Israël appartient au monde; plus encore “ce peuple est la part de l’Eternel, Jacob est le lot de son héritage” (Deutéronome 32,9). Ses souffrances, aussi bien que ses succès, sont la meilleure preuve historique de sa vocation. Israël n’y échappera pas, et la vision des prophètes s’accomplira nécessairement.

“Il arrivera, à la fin des temps, que la montagne de la maison de l’Eternel sera affermie sur la cime des montagnes et se dressera au-dessus des collines, et toutes les nations y afflueront. Et nombre de peuples iront en disant: Or çà, gravissons la montagne de l’Eternel pour gagner la maison du Dieu de Jacob, afin qu’il nous enseigne ses voies et que nous puissions suivre ses chemins, car c’est de Sion que sortira l’Enseignement et de Jérusalem la parole de l’Eternel.” Il sera un arbitre entre les nations et le précepteur de peuples nombreux; ceux-ci, alors, de leurs glaives, forgeront des socs de charrue, et de leurs lances des serpettes; un peuple ne tirera plus l’épée contre un autre peuple, et on n’apprendra plus l’art de la guerre.” (Isaïe 2,2 à 4).
Le peuple juif sait clairement que cette vision prophétique n’est pas un rêve pieux, une utopie politique ou religieuse. Sa réalisation sera le fruit ultime d’une maturation progressive des rapports entre Israël et les peuples. Car, la renaissance du peuple juif autour de Jérusalem, l’Enseignement qui sortira de Sion, et la Paix établie sur la reconnaissance, par tous les peuples, de la centralité spirituelle d’Israël, forment un tout indissociable. La résurrection de l’Etat d’Israël est une étape importante et décisive dans la réalisation de ce programme. Les sabras prosaïques du kibboutz et les juifs sceptiques de la diaspora retrouveront avec fierté leur véritable identité. Ils ne se satisferont plus des fausses cultures étrangères et réapprendront la Torah de leurs ancêtres. Les nations reconnaîtront que l’Israël qu’elles ont outragé et martyrisé était le seul porteur de l’espérance messianique et du salut des hommes. La prophétie renaîtra, et la Parole de l’Eternel se fera à nouveau entendre de Sion. Alors, Jérusalem sera véritablement la ville de la crainte de l’Eternel et de la Paix, selon la vocation qui lui est attribuée dans l’étymologie de son nom (yira, crainte : shalem, paix).

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