Dernières nouvelles
Accueil » Articles » Articles - Au fil du temps: calendrier, fêtes » Tou Bichvat et la consommation de fruits
Tou Bichvat et la consommation de fruits
Free photo by sarangib http://www.pixabay.com

Tou Bichvat et la consommation de fruits

Comment faire une fête sur les fruits ? N’est-ce pas la consommation d’un fruit qui fut le point de départ de tous les malheurs de l’humanité ?

Une fête pour des fruits ???

Tou Bichvat est le nouvel an des arbres. Cette date a une importance halakhique qui, de nos jours, concerne très peu de personnes. Mais depuis le moyen-âge, le peuple d’Israël a la coutume de s’y réjouir et d’y consommer des fruits. Se pose une question toute simple : comment faire une fête sur les fruits ? N’est-ce pas la consommation d’un fruit qui fut le point de départ de tous les malheurs de l’humanité ? En effet, ce n’est que depuis que le Premier Homme mangea de l’arbre de la connaissance que les malheurs débutèrent dans le monde. On se serait donc plutôt attendu à ce que le judaïsme ignore les fruits, certainement pas qu’il en fasse une fête !

Commandements contradictoires

Pour comprendre un peu plus l’histoire du fruit de la connaissance tel qu’il est raconté par la Torah et interprété par la tradition juive depuis des générations. Genèse 2, 16: « L’Éternel-Dieu donna un ordre à l’homme, en disant: “De tous les arbres du jardin tu mangeras” ». Ce verset, qui est aussi le verset à l’origine des six premières lois de Noé, nous dit que le Premier Homme avait le commandement de manger de l’arbre de la connaissance. Car s’il devait manger de TOUS les arbres, il devait donc manger aussi de l’arbre de la connaissance ! Mais ce verset est immédiatement suivi d’un autre commandement : « et de l’arbre de la science du bien et du mal, tu n’en mangeras point: car du jour où tu en mangeras, tu dois mourir! ».

Nous sommes donc en présence de deux commandements contradictoires. Le premier ordonne la consommation du fruit de la connaissance, alors que le second interdit sa consommation. Dans la littérature halakhique, on appelle cela un commandement positif et un commandement négatif, or le principe veut que le commandement positif repousse le commandement négatif. Le Premier Homme avait donc le devoir de réaliser le commandement positif en mangeant du fruit de la connaissance, et ignorer le commandement négatif. Comment comprendre alors le second commandement ? La réponse se trouve dans la 2e partie du verset : « car du jour où tu en mangeras, tu dois mourir! ». C’est-à-dire que la consommation lui était interdite tant qu’elle entraînerait sa mort. Mais si la mort pouvait être évitée, il pourrait alors consommer du fruit de la connaissance. Comment parvenir à cela ?

Fruit de la vie et fruit de la connaissance

La réponse est simple : en consommant d’abord du fruit de la vie. Il devait consommer en 1er du fruit de la vie, et seulement après du fruit de la connaissance. Lorsqu’une personne fait précéder la vie à la connaissance, non seulement la connaissance ne nuit pas, elle permet même d’élargir la vie. Mais lorsqu’une personne place la connaissance avant la vie, la connaissance entraîne sa mort.

Certaines personnes sont pleines de connaissances. Elles sont des « encyclopédies ambulantes ». Mais finalement, elles sont tellement pleines de connaissances qu’elles ne réussissent pas à vivre. Il faut avant tout emplir son monde de valeurs, ce que l’on appelle l’arbre de la vie. Ce n’est qu’ainsi, armé d’un monde intérieur riche en valeurs, en vitalité intérieure, en attachement au divin, que l’individu peut approcher le monde des connaissances et s’enrichir, s’élever. Voila ce qu’aurait dû faire le Premier Homme… et n’a pas fait, ce qui entraîna tous les malheurs du monde.

Faire précéder la vie

Lorsque nous consommons des fruits à Tou Bichvat, la signification de cet acte est profonde : après la longue attente de l’hiver durant laquelle, dans une société agricole, l’homme s’enferme chez soi et s’occupe de Torah, de valeurs, de l’arbre de la vie, lorsqu’apparaît la première lueur de l’aube du printemps au cœur même de l’hiver, à savoir lors du jour de Tou Bichvat, il ressent qu’est venu le moment de manger de tous les arbres du jardin, y compris de l’arbre de la connaissance.

L’arbre de la connaissance, selon la tradition juive, était non pas une pomme mais un étrog, un cédrat. L’étrog, au début de l’année, lors de la fête de Souccot, nous n’avons le droit que de le toucher, non d’en manger. Passe l’hiver et, selon la belle coutume de nombreux juifs, que je suggère également à nos amis du monde entier, est consommée de la confiture d’étrog. C’est une manière de déclarer que ce dont nous avions l’interdiction de manger au début de l’année, car nous n’étions pas prêts, le moment est maintenant venu d’en consommer.

Différentes sortes de fruit, différentes sortes de mal

La consommation de fruits a quelque chose de très symbolique. Les fruits comportent tous une écorce et de la chair. Les sages de la Kabbale nous enseignent qu’il y a trois sortes de fruits :

  • Ceux dont l’écorce et la chair se consomment, comme les raisins, les pommes et les fraises. Tout est consommé, symbolisant le bien absolu, le bien sans aucun mal. Mais nous avons aussi la mission de réparer le bien contenant une fraction de mal.
  • Certains fruits ont une écorce extérieure, alors que leur chair est consommée, comme les oranges et les noix. Ces fruits représentent le mal extérieur, que nous devons écarter pour profiter du bien dissimulé.
  • Enfin, d’autres fruits ont une « écorce » intérieure, comme le noyau des olives ou des prunes. La tache est plus délicate, car ce qui est jeté est cette fois à l’intérieur. En consommant ces fruits, nous signifions que même lorsque le mal est imprégné dans les entrailles de la vie, il est toujours possible de les séparer – de jeter le mal et conserver le bien.

Joyeuse fête de Tou Bichvat aux Enfants de Noé du monde entier

  Was this post useful or helpful to you? Please consider supporting our projects.

A propos de Centre Noachide Mondial

avatar

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :