Accueil » Articles » Articles - Au fil du temps: calendrier, fêtes » Pessah – fête de la liberté

Pessah – fête de la liberté

La fête de Pessa’h est une grande fête – c’est celle qui a dévoilé au monde entier que la liberté était possible…

La fête de Pessa’h est une grande fête – c’est celle qui a dévoilé au monde entier que la liberté était possible.

Si la Thora surnomme l’Egypte une « maison d’esclaves », ce n’est pas uniquement parce que le peuple d’Israël y était esclave, ni du fait que l’Egypte était remplie d’esclaves. C’est parce que toute la vision du monde égyptienne n’était qu’esclavage.

Car en réalité tous les égyptiens étaient esclaves ! Les esclaves bien entendu, mais leurs propriétaires aussi étaient esclaves de Pharaon, lui-même esclave des dieux. Même les dieux étaient esclaves – de la nature.

Il faut comprendre que le concept de divinité dans l’Egypte antique était en réalité une divinisation des forces de la nature. Le changement dans le monde, pour les égyptiens, n’existait pas. Encore moins la possibilité de liberté absolue.

Or, c’est sur cet arrière-plan que survient la sortie d’Egypte dévoilant au monde que la liberté est bel et bien possible, et ce même au sein d’un peuple d’esclavage comme l’Egypte. Développons.

La sortie d’Egypte nous enseigne 4 libertés :

  • La première est la liberté politique. Aucun gouvernement au monde n’est absolu, même un empire de l’ampleur de celui de Pharaon.
  • La seconde est la liberté des forces de la nature. Cette liberté est nécessaire car ces forces freinent notre développement moral et spirituel. Or la sortie d’Egypte a montré que les forces monumentales de la nature comme la mer ne sauraient ralentir notre liberté.
  • Plus profonde que les précédentes, la liberté est aussi celle des mauvais penchants. Il nous arrive de nous convaincre que nos habitudes, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, ne peuvent être modifiées. Or si la collectivité peut de se libérer de l’emprise de la politique et de la nature, pourquoi l’individu ne pourrait-il se libérer, lui-aussi, du mauvais penchant l’empêchant de se développer ? Il le peut ! Car aucun obstacle ne saurait se dresser face à la volonté.
  • Nos yeux sont tournés vers la quatrième liberté qui attend d’être dévoilée – la libération de l’ange de la mort. Un développement approprié de l’esprit de l’homme, de sa moralité, de son écoute de la Parole de Dieu, permettent également d’atteindre la liberté totale, même de la mort. C’est l’espérance de la résurrection des morts qui a débuté lors de la sortie d’Egypte.

La sortie d’Egypte est le fondement de la capacité de la parole. C’est la raison pour laquelle le soir de Pessa’h est consacré au conte du récit de Pessa’h (hagada), mise en pratique du principe « et tu raconteras à ton fils en ce jour » (Ex. 13,8). La tradition transmise de génération en génération permettant de conserver la connaissance de la liberté de l’homme est ce qui, en fin de compte, amènera la dernière délivrance, la délivrance d’Israël, délivrance du monde, délivrance de toute l’humanité.

Tout cela débute par la capacité de raconter de génération en génération.

Et voici que dans le récit de Pessa’h nous rencontrons quatre transmissions différentes : la transmission à l’enfant sage, au méchant, au simple et à celui qui ne sait même pas que se pose question.

Il faut s’occuper de chacun, mais pour cela chacun requiert une méthode éducative particulière.

Qui est le sage ? Le sage comprend le processus historique dans le quel il se situe, il ne lui reste donc qu’à demander quoi faire. La réponse qui lui est donnée est donc législative. Les lois de Pessa’h. Des lois que les Enfants de Noé peuvent eux aussi accomplir de génération en génération.

Le méchant, quant à lui, refuse d’appartenir à ce processus historique, c’est pourquoi il se met à l’écart de la collectivité. A cela nous lui expliquons qu’il est certes vrai qu’à l’aube de l’histoire il était possible de sortir de la collectivité. Mais maintenant que l’Histoire de l’humanité progresse vers la liberté, il ne peut s’échapper de son destin d’homme libre. C’est ce qui est dit : « s’il y était (en Egypte), il n’aurait été libéré ». Mais il n’est pas en Egypte, il est avec nous, il est libéré contre son gré.

Qu’est-ce qu’un homme simple ? C’est quelqu’un qui a la capacité d’étonnement. L’étonnement est un sentiment positif apportant l’ouverture nécessaire à l’acquisition de nouvelles connaissances, comme ici l’enseignement que c’est d’une main ferme que Dieu nous a sortis d’Egypte.

Et celui qui ne sait questionner ? La recommandation pour lui est de lui apprendre à poser des questions. L’on ne peut transmettre de contenu éducatif ou de foi si la personne ne les désire pas. C’est pourquoi la capacité de poser des questions est si importante, bien plus que notre volonté de transmettre. Enseignez à vos enfants à poser des questions, n’ayez pas peur des questions, car c’est à l’aide des questions qu’ils acquerront la connaissance.

Il est vrai que les lois principales du soir de Pessa’h (sédèr) concernent avant tout les enfants d’Israël – la consommation du sacrifice pascal lorsque le Temple de Jérusalem existe et la consommation du sacrifice dit h’aguiga.

Mais toutes les autres lois peuvent également être réalisées par les Enfants de Noé, comme la consommation de matza (pain azyme), de maror (herbes amères) et les signes du sédèr incluant le récit de Pessa’h – propagation de la Parole de Dieu et transmission de Sa liberté à l’humanité. Ces lois, y compris la récitation du hallel (louanges), sont aussi appropriées aux bnei noa’h, comme il est dit : « chacun doit se voir comme s’il était lui-même sorti d’Egypte ».

Joyeuse fête de Pessa’h à toute l’humanité,

Oury Cherki

  Was this post useful or helpful to you? Please consider supporting our projects.

%d blogueurs aiment cette page :