Le dilemme de Hanoucca

Dites: on l’a échappé belle, quand même!

Dites: on l’a échappé belle, quand même!

Imaginez un instant que nos Sages aient fixé la Halakha selon Beth Chamay et non selon Beth Hilel: quelle angoisse! Au lieu d’allumer chaque jour de Hanouka une bougie supplémentaire et de finir la fête avec la Hanoukia entièrement allumée, nous aurions fait l’inverse: le premier jour, nous aurions allumé les huit bougies et chaque jour nous aurions éteint une bougie supplémentaire, de telle sorte que le huitième et dernier jour, notre belle Hanoukia n’aurait été illuminée que par une simple et malheureuse bougie. De quoi nous déprimer progressivement jusqu’à la déprime totale. Un truc à nous faire passer l’envie de manger des beignets! Mais pourquoi donc les éminents docteurs de l’Ecole de Chamay désiraient-ils nous faire ainsi diminuer chaque jour davantage le nombre de bougies, au risque de nous saper le moral?

C’est qu’ils tenaient à représenter symboliquement le miracle le plus fidèlement possible. Or, que s’était-il passé? Les courageux combattants, sous la direction de leur chef Yehouda Makabi, viennent de buter les grecs hors de Jérusalem, après de durs combats. Et au lieu de penser prendre un repos bien mérité sur les marches du Temple, les voici transformés en personnel de nettoyage, ôtant les statues grecques qui souillaient l’endroit, remettant les objets sacrés à leur place et recherchant passionnément de l’huile pure afin de rallumer la Ménora à sept branches!

Emu (si l’on peut s’exprimer ainsi) par tant de courage et d’abnégation, D. décida de les aider. Et la fiole d’huile qui aurait dû suffire à l’allumage d’une seule journée, héritera d’une énergie particulière et la combustion durera huit fois plus longtemps que prévu, jusqu’à l’obtention de la nouvelle huile pure. Donc, le vrai miracle, la décision divine d’intensifier l’énergie contenue dans la petite fiole, eut lieu le premier jour! Ensuite, cette énergie diminuera progressivement jusqu’à son terme. Beth Chamay symboliseront donc cette perte d’énergie ou, si vous préférez, la diminution chaque jour d’un huitième de la quantité de l’huile restante, en diminuant le nombre de bougies chaque jour davantage. Ce à quoi Beth Hillel répondent: “Il est exact que, objectivement, le miracle s’atténua de jour en jour. Mais nous ne symboliserons pas par notre allumage ce que fut objectivement le miracle divin. Nous symboliserons la manière dont, subjectivement, les Juifs le perçurent. Or, de ce point de vue là, il est évident que chaque jour qui passait, alors que la flamme brulait toujours, rendait à leurs yeux le miracle plus grand et leur enthousiasme et leur joie augmentaient en fonction.

 

Finalement, si la Halakha a été fixée comme Beth Hillel, c’est sans doute pour nous enseigner que bien souvent dans la vie, ce qui compte, c’est moins la réalité objective des choses, que la perception subjective que nous en avons.

D’ailleurs, si les Makabim avaient mesuré uniquement les chances objectives de succès avant de se révolter contre les grecs, auraient-ils osé lever l’étendard de la révolte?

 

 

Arrêtez-moi si je dis des bêtises…
Hanouka Saméah
Elie Kling

 

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